Un petit os, une grande avancée dans l’évolution du vol des oiseaux

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Publié le 18/07/2025

Des paléontologues identifient chez deux dinosaures mongols un os du poignet clé dans la stabilité du vol, bien plus ancien qu’on ne le pensait.

C’est un os minuscule, coincé au creux du poignet, que les chercheurs ont longtemps ignoré ou confondu avec d’autres. Pourtant, ce petit bout d’os, le pisiforme, a joué un rôle central dans l’émergence du vol chez les oiseaux. Une nouvelle étude publiée dans la revue Nature avance que cet os était déjà intégré au poignet de certains dinosaures proches des oiseaux, bien avant l’apparition du vol moderne.

L’équipe à l’origine de cette découverte a examiné deux fossiles remarquablement bien conservés découverts dans le désert de Gobi, en Mongolie : un troodontidé non nommé et un Citipati, deux dinosaures théropodes du Crétacé supérieur (entre 66 et 100 millions d’années). En scannant ces spécimens, les chercheurs ont identifié un os du poignet qui ne figurait dans aucune description antérieure : un pisiforme. C’est l’étudiant Alex Ruebenstahl, de l’université Yale, qui le premier a remarqué cette anomalie en visualisant en 3D les os du troodontidé. Intrigué, il a contacté son collègue James Napoli, de l’université Stony Brook, qui avait fait la même observation chez Citipati.

Une pièce oubliée du puzzle de l’évolution du vol

Chez les oiseaux actuels, le pisiforme est un os particulier. Il se forme initialement à l’intérieur d’un tendon, comme notre rotule, avant de s’intégrer au poignet où il prend la place d’un autre os, l’ulnare. Ce changement est plus qu’anatomique : il renforce la connexion entre les muscles du vol et les mouvements du poignet, ce qui stabilise l’aile en vol.

Or, jusqu’à présent, les paléontologues pensaient que ce type de pisiforme n’apparaissait qu’avec les oiseaux modernes. L’étude montre qu’il était déjà présent, de manière intégrée et fonctionnelle, chez des dinosaures non-aviaires. Sa petite taille suggère que ces espèces ne possédaient pas encore une capacité de vol comparable à celle des oiseaux actuels, mais peut-être un vol rudimentaire ou des phases planées. Ces résultats concordent avec ceux d’une précédente étude du même laboratoire, parue dans Science, sur l’évolution de l’oreille interne chez les dinosaures proches des oiseaux.

Enfin, cette découverte s’inscrit dans une tradition de recherche vieille de plus de 50 ans à Yale, initiée dans les années 1960 par John Ostrom, qui avait identifié un autre os du poignet (le carpal semi-lunaire) comme trait commun aux dinosaures et aux oiseaux. Elle complète également les travaux de Jacques Gauthier dans les années 1980, qui avait démontré de manière formelle l’origine dinosaurienne des oiseaux.

Les résultats sont publiés dans la revue Nature.

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