PODCAST : ces dinosaures polaires, venus du froid

Gabriel Ugueto

Dans un épisode de « Sixième Science », le podcast de 20 Minutes et Sciences et Avenir, Je raconte une idée longtemps contre-intuitive : des dinosaures ont vécu près des pôles. Pas sur une banquise façon documentaire animalier, mais dans des mondes froids, saisonniers, parfois plongés dans de longues nuits. Gros plan sur les dinosaures polaires.

On imagine souvent les dinosaures dans des paysages chauds, des plaines humides ou des forêts luxuriantes baignées de soleil. C’est oublier qu’au Mésozoïque, la carte du monde n’avait pas grand-chose à voir avec la nôtre. Les continents n’étaient pas à leur place actuelle, le climat global était différent, et certaines régions aujourd’hui australes ou arctiques accueillaient une faune bien plus variée qu’on ne l’a longtemps cru. Dans l’épisode « On vous présente les dinosaures… polaires ! », le podcast « Sixième Science » revient sur cette autre histoire des dinosaures : celle d’animaux capables de vivre à haute latitude, dans des environnements soumis à de fortes variations saisonnières. La page du podcast présente cet épisode comme une plongée dans le monde des dinosaures polaires, au sein de la série scientifique coproduite par 20 Minutes et Sciences et Avenir

Des dinosaures loin des tropiques

Ces dinosaures polaires ne vivaient pas forcément dans un froid extrême comparable à celui de l’Antarctique actuel. À l’époque du Crétacé, l’Australie était encore reliée à l’Antarctique, et certaines régions du sud-est australien se situaient dans le cercle antarctique. Des fossiles et des empreintes montrent que des dinosaures y circulaient il y a environ 100 à 120 millions d’années, dans des paysages de vallées fluviales, de plaines inondables et de forêts tempérées. Des découvertes récentes en Australie indiquent même que de grands théropodes, des dinosaures carnivores bipèdes, fréquentaient ces milieux polaires au Crétacé inférieur.

L’intérêt de ces dinosaures tient à ce qu’ils obligent à nuancer l’image classique du « reptile géant » dépendant d’un climat chaud et stable. À haute latitude, les saisons imposent d’autres contraintes : baisse de la lumière, nuits prolongées, ressources végétales irrégulières, températures plus fraîches. Les chercheurs discutent donc de leur physiologie, de leur croissance, de leurs éventuelles migrations, mais aussi de leur capacité à rester sur place pendant l’hiver.

Vivre avec le froid et l’obscurité

Les fossiles australiens de dinosaures polaires, notamment ceux étudiés depuis plusieurs décennies dans l’État de Victoria, ont nourri cette question : certains animaux étaient-ils suffisamment actifs et adaptés pour supporter ces conditions ? Ce n’est pas un détail de décor. Cela touche à l’un des grands débats sur les dinosaures : leur métabolisme, leur comportement et leur manière d’habiter des mondes très différents.

L’Antarctique lui-même a livré des fossiles de dinosaures, dont Cryolophosaurus ellioti, un carnivore découvert au mont Kirkpatrick, à environ 600 kilomètres du pôle Sud actuel. À la fin du Crétacé, l’Antarctique n’était pas le désert glacé d’aujourd’hui, mais un territoire plus tempéré, avec des milieux boisés et une faune active. Les dinosaures polaires rappellent ainsi une chose simple : le Mésozoïque n’était pas une carte postale tropicale unique. C’était un monde mobile, contrasté, où les dinosaures ont occupé presque tous les décors disponibles. Même ceux où, pendant une partie de l’année, il fallait probablement vivre avec la lumière éteinte.

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