Oublié le 5/02:2025
L’idée que des composants organiques puissent survivre des dizaines de millions d’années dans des fossiles est un sujet débattu depuis plusieurs décennies. Une nouvelle étude publiée dans Analytical Chemistry apporte des preuves supplémentaires en faveur de cette hypothèse en identifiant du collagène dans un os fossile d’Edmontosaurus, un dinosaure herbivore du Crétacé supérieur.
’échantillon analysé dans cette étude est un sacrum exceptionnellement bien préservé d’Edmontosaurus, découvert dans la formation de Hell Creek, dans le Dakota du Sud. Pour déterminer la présence de collagène, les chercheurs ont utilisé plusieurs approches complémentaires :
- Microscopie en lumière polarisée croisée : cette méthode a révélé une biréfringence caractéristique, un phénomène optique souvent associé à la présence de fibres de collagène.
- Analyse LC-MS/MS : cette technique de spectrométrie de masse a permis de détecter et quantifier l’hydroxyproline, un acide aminé spécifique du collagène.
- Protéomique bottom-up par LC-MS/MS : cette approche a mis en évidence des séquences peptidiques caractéristiques du collagène, identiques à celles trouvées dans d’autres dinosaures, notamment un Tyrannosaurus rex et un autre hadrosaure.
Une découverte qui renforce l’hypothèse de la conservation biomoléculaire
Ces résultats viennent conforter l’idée que, dans certaines conditions de fossilisation favorables, des restes de protéines peuvent survivre bien au-delà de la durée habituellement estimée pour la conservation des biomolécules. Cette découverte alimente également la controverse autour de la préservation des tissus mous et des protéines fossiles, un domaine qui a pris de l’ampleur depuis les premières annonces de structures molles dans des os de T. rex dans les années 2000.
Si cette étude est confirmée par d’autres analyses indépendantes, elle pourrait ouvrir de nouvelles perspectives sur la biologie et l’évolution des dinosaures en permettant d’extraire des informations biochimiques jusque-là insoupçonnées. Reste à voir si cette approche pourra être généralisée à d’autres spécimens fossiles et à d’autres périodes géologiques.



